Pourquoi il y a si peu de qiviut
Une mue par an, une population réduite, et un nettoyage qui retire l'essentiel du poids. L'arithmétique d'une fibre rare.
Chaque matière rare a sa raison. Pour le qiviut, elle tient en un paragraphe.
Le bœuf musqué perd son duvet une fois par an, au printemps. Il n'y a pas de seconde récolte. Les animaux ne vivent que dans l'Arctique, en nombre limité, et la plupart sont hors de portée de quiconque récolte la fibre.
Puis la fibre diminue
Ce qui est récolté n'est pas encore utilisable. Le qiviut brut arrive mêlé aux longs poils de jarre, à la poussière, aux débris végétaux et à la neige.
Le dépoilage retire le jarre. Il est lent, et enlève une part importante du poids. Ce qui reste donne le fil.
Puis il faut le tricoter
La plupart des pièces finies sont tricotées à la main. Une étole fine représente des semaines de travail pour une personne.
L'offre est donc limitée trois fois : par l'animal, par le nettoyage, par les mains. C'est pourquoi une écharpe en qiviut coûte ce qu'elle coûte, et pourquoi une écharpe bon marché mérite une question.